ART LAC

Laurence Causse-Parsley

Rhythm of a landscape/ Rythme du paysage

TNRotorua-VI

Paths series, foreword (pour la version française, voir plus bas svp)

This series of paintings is the result of a collection I have made over the years…Collection of visual memories. Although it was a direction I explored in previous works (especially the Deltas series in 2005), it all came together after a trip to Australia in 2009. Hence the quoting of Aborigen art in paintings such as Steps in the sand.

These visual memories might be small, like the holes made by the waves eroding the seashore rocks. Big, like the view of a desert from a plane. Delicate, like the weeds undulating at the bottom of a river. Or impressive, like the mighty ocean meeting the red cliff. All intensely beautiful and poetic. Sometimes two memories overlap and a fragile swirl leaves its trace on a dense patch of colour.

This work is just a beginning as the collection of visual memories is an ongoing process. When it will happen is beyond my control. The lanscape might be the mighty Australian Uluru site, the gentle Thames path or the fierce winter sky in Provence, it does not matter. It is always an unexpected epiphany. Knowing which one will trigger a painting is unpredictable as well. Some disappear in my memory, some resurface and have to become colours and textures. In the Paths series, textured contrasts between different media is key (acrylic, oil paint, inks, sand and pure pigment) to try to convey the physical emotions linked to a specific scenery.

On the canvas, I try to echo the rhythm of my steps and the rhythm of the landscape I am walking.

I found echoes of this attempt to imprint physical and rhythmical sensations linked to a specific landscape in an artwork in Barbara Hepworth writings as well as in Gauguin’s letters, or in Vincent Bioulès’ interviews.

“All my early memories are of forms and shapes and textures. Moving through and over the West Riding landscape with my father in his car, the hills were sculptures; the roads defined the forms. Above all, there was the sensation of moving physically over the contours of fullnesses and concavities, through hollows and over peaks – feeling, touching, seeing, through mind and hand and eye. This sensation has never left me. I, the sculptor, am the landscape. I am the form and I am the hollow, the thrust and the contour.”
Barbara Hepworth, A Pictorial autobiography”, New York, Praeger Publishers, 1970, p. 280 .

“I love Brittany. I find a certain wildness and primitiveness here. When my clogs resound on this granite soil, I hear the dull, matt, powerful tone I seek in my painting.” Paul Gauguin, letter to Émile Schuffenecker in 1888.

«When in contact with the landscape and gripped with a particular emotion, in that very moment, without a critical mind, I try to find a colour, a script, a succession of gestures and of signs, which could capture what I feel.” Vincent Bioulès, in Entretien avec Alain Paire , 31 mars 2003.

” It is about sensations rather than outside appearances. This is about how you feel when you are outdoor (…) This work is about movement, transition in a more symbolic way.’ Mark Surridge, Openings exhibition @ Tate Saint Ives, 2012.

Série Paths, introduction

Cette série de tableaux est le résultat d’une collection faite au cours des années…Collection de souvenirs visuels. Bien que j’ai exploré cette voie dans des peintures antérieures (la série des Deltas en 2005. Voir And so it is, http://www.art-lac.com), tout a vraiment démarré après un voyage en Australie en 2009.

Ces souvenirs visuels peuvent être minuscules, comme les alvéoles creusées par les vagues dans les rochers du rivage. Immenses, comme les vues du désert depuis un avion. Délicats, comme les algues qui ondulent et carressent le lit de la rivière. Ou puissants comme le Grand Océan butant contre les falaises rouges. Tous intensément beaux et poétiques à mes yeux. Parfois deux souvenirs se superposent et une arabesque fragile imprime sa trace sur une surface dense saturée de couleur.

Cette série n’en est qu’à ses débuts car la récolte des souvenirs visuels est une recherche permanente au résultat incertain. Savoir à quel moment la rencontre entre ce regard, un paysage, une surface ou une forme et une émotion esthétique se produira, est imprévisible. Puis savoir quel souvenir visuel récolté deviendra la source d’une peinture est aussi impossible. Certains souvenirs sont enfouis dans ma mémoire, d’autres font soudain surface et commandent de devenir couleurs et textures. Dans ces peintures le contraste entre des surfaces texturées à l’aide de différents médiums (acrylique, huile, encres, sable, pigments purs) est essentiel pour tenter d’exprimer l’émotion physique née d’un paysage particulier .

Sur la toile j’essaie de traduire le rythme de mes pas et le rythme des paysages que je traverse.

J’ai trouvé des échos de cet état de correspondance entre une émotion visuelle  et physique et le rythme de la peinture dans les écrits de Barbara Hepworth, de Paul Gauguin ou plus proche de nous de Paul Bioulès.

 ” Tous mes souvenirs d’enfance sont des souvenirs de formes et de textures. Se déplacer dans et sur le paysage de West Riding avec mon père dans sa voiture, les collines étaient des sculptures, les routes définissaient les formes. Par-dessus tout, il y avait la sensation de se déplacer physiquement sur les contours des pleins et des concavités, à travers les creux et des sommets – sentir, toucher, voir, par l’esprit et la main et les yeux. Cette sensation ne m’a jamais quittée. Moi, le sculpteur, je suis le paysage. Je suis la forme et je suis, le creux, la poussée et le contour”. Barbara Hepworth, A Pictorial autobiography”, New York, Praeger Publishers, 1970, p. 280 .

« J’aime la Bretagne. J’y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granite, j’entends le ton sourd mat et puissant que je cherche en peinture » Paul Gauguin, Lettre à Émile Schuffenecker , 1888.

«Je m’efforce, en contact avec le paysage et aux prises avec une émotion particulière, de trouver dans l’instant et sans esprit critique, une coloration, une écriture, une succession de gestes et de signes qui synthétisent ce que je ressens » Vincent Bioulès, peintre. Dans Entretien avec Alain Paire , 31 mars 2003.